Serious Games

A l’heure où la Gamification fait rage chez les annonceurs et leurs agences, revenons sur un concept assez malin, celui des Serious Games. Les Serious Games ne datent pas d’aujourd’hui. Cet oxymore a été proposé par Julian Alvarez et Olivier Rampnoux en 2006, pour désigner un jeu qui pouvait être à la fois amusant, divertissant mais surtout éducatif et didactique. Le plus connu des Serious Games que l’on connait aujourd’hui, c’est America’s Army, un jeu développé pour l’armée américaine il y a déjà 10 ans. Alors pourquoi parle-t-on de Serious Games en 2012 ? Parce que depuis quelques mois en France, il renait chez les marques un engouement pour ce type de support pour redynamiser leur plate-forme d’e-learning, mais les marques l’utilisent également comme outil de management d’équipe. Nous sommes d’accord pour dire que ces marques qui investissent dans de tels plateformes sont majoritairement des marques de grands groupes, car il s’agit ici de développer un jeux vidéo sur-mesure. Et ces deux données combinées font qu’aujourd’hui il faudra débourser pour un scénario moyen, plus de 100 000 €. 

« Ce Serious Game a l’intérêt de compresser le temps, c’est-à-dire qu’entre le moment où vous prenez une décision et le moment où vous obtenez un résultat, on a un temps relativement instantané. Or dans la vraie vie l’expérience se construit avec un temps beaucoup plus long. ». - Christophe Montagnon – Directeur organisation et systèmes d’information Randstad

Qu’est-ce qui justifie cet engouement ? Le temps. Car d’après les spécialistes, un commercial pourrait gagner près de 2/3 de son temps de formation en passant par une plateforme d’un Serious Games qu’en passant des heures enfermé dans une salle à écouter un inconnue s’acharnant à faire fonctionner le seul feutre Velleda noir… Dans une explication tirée par les cheveux, on pourrait dire que le commercial en question se positionne dans un univers cérébral qui est celui de la détente et de l’amusement lorsqu’il se connecte à son personnage de Serious Games, le même état d’esprit lorsqu’il lance sa console de jeu depuis son canapé. Cet état permet au commercial d’acquérir plus d’information et de donnée puisque dans son subconscient, il n’est pas là pour apprendre personnellement mais pour faire évoluer un personnage virtuel. Là est toute la différence avec les heures de formation. Au delà de ça, il faut aussi comprendre que ces jeux sérieux font travailler les employés en one-to-one, contrairement aux salles de formations regroupant plusieurs personnes. Une formation adaptée et personnalisée vs. relation humaine avec un groupe. Le débat est lancé.

Les Serious Games ne s’appliquent pas uniquement aux entrainements et formations, on les retrouve aussi au sein des systèmes de recrutement des entreprises. Impossible de ne pas se rappeler de la campagne Être Marin lancée en 2009 par l’agence DDB Paris (toujours en vigueur). Un campagne qui avait pour objectif de recruter de nouveaux mousses, en leur donnant envie par le jeu de s’engager dans la marine. Tout un univers a été créé pour proposer de « jouer » dans différentes campagnes scénarisées.

Dans un autre genre, on retrouve aussi Kompany, un jeu cette fois à destination des plus jeunes, pour leur faire découvrir l’univers l’entreprise. L’objectif ici est de leur apprendre plus de 200 mots utiles autour de l’entreprenariat. Ce genre de programme est pour moi à la limite du Serious Game car on se rappelle très bien d’Adibou, cette suite de jeux ludo-éducatif que ont bercé notre enfance (message à la génération Y ^^).

L’occasion de revenir sur une définition du Serious Game, grâce notamment à ce schéma proposé par Jordane Pâquet

Storytelling : il s’agit de l’art de raconter une histoire tel une fable ou un conte
Digital Storytelling : il s’agit d’une adaptation d’un Storytelling au format « Digital ». Qui utilise donc les technologies multimédias.
Interactive Storytelling : il s’agit d’une adaptation d’un Digital Storytelling en le rendant interactif type « Histoire donc vous êtes le héros ».

E-learning : il s’agit de la transmission d’une connaissance (et parfois de son suivi pédagogique par un tuteur) allant d’un message à caractère pédagogique jusqu’à une formation complète en passant pas des techniques et technologies d’apprentissage à distance et par l’intermédiaire d’un support multimédia
Simulation : il s’agit d’un outil multimédia de type applicatif (2D ou 3D) permettant de simuler une activité quotidienne (personnelle et/ou professionnelle). Son objectif est de pouvoir s’entraîner pour améliorer sa compréhension, sa gestion et sa maîtrise des situations qu’il propose.
Learning Game : il s’agit d’un dérivé du E-learning permettant de proposer un affichage du contenu pédagogique intégré dans un univers ludique. Ainsi le contenu est scénarisé mais n’intègre pas toutes les composantes du jeu vidéo (Game Design, Level design, Scénarisation avancée).

Multimédia Game : il s’agit de l’ensemble des jeux intégrant une dimension « multimédia » (vidéo, audio, images, textes) donc hors jeux de société et autres jeux de nature purement physique et réelle.
Advergames : il s’agit des jeux à caractère commercial ou promotionnel.
Vidéo Game : il s’agit ni plus ni moins des Jeux vidéo issus de l’industrie du jeu vidéo classique (Console, Internet, Smartphone, Pc, Mac, Internet …)

On comprend alors ici que la recette miracle d’un Serious Game se doit de mélanger :

- La capacité à « didactiser » un contenu scientifique en un contenu multimédia à enseigner et/ou à transmettre
- La capacité à concevoir un Game et Level design adapté au sens du contenu
- La capacité à scénariser le tout autour d’une histoire élaborée et favorable à l’immersion des utilisateurs finaux (apprenants, spectateurs, cibles).

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3 comments on “Serious Games

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